La reine des cerveaux de Thea Dorn

Une journaliste qui s’intéresse aux meurtres effectués par des femmes, une personne qui tue et décapite ses victimes, un journaliste amoureux, une jeune lesbienne qui aime les femmes les plus vieilles… Toute cette population va se croiser dans ce roman noir allemand qui mêle la mythologie grecque à des meurtres très contemporains.
Thea Dorn sait nous faire sentir une atmosphère, un lieu, sans en rajouter.La construction n’est pas neuve, avec le récit des enquêteurs entrecoupé par les meurtres racontés du point de vue l’assassin, mais est efficace. Les délires du serial killer paraissent déjà lus dans son mysticisme et sa folie froide.
Ce livre est bien écrit, haletant, un style discret avec de nombreux dialogues vifs et efficaces, Thea Dorn sait accélérer à certains moments, prendre une certaine distance à d’autres, surtout elle sait rendre ses personnages attachants et troubles avec chacun leurs zones d’ombres qui donnent une cohérence thématique et formelle à l’ensemble, et créent un intérêt constant.
On prend beaucoup de plaisir à suivre Kyra dans son enquête.
La fin est peut-être un peu décevante, Thea Dorn est meilleure dans l’installation, la mise en place de l’intrigue, du suspense et de l’interaction entre les personnages que dans le dénouement. Mais n’est-ce pas mieux que l’inverse ?
La reine des cerveaux de Thea Dorn, Le Serpent Noir, 2003

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