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Romain Slocombe, 2005

L’entretien a eu lieu au festival Pas Serial s’abstenir sur le roman noir de Besançon, festival dont l’ambiance est très sympa. Romain Slocombe semble à priori plutôt timide et discret mais se livre à l’exercice de l’entretien avec beaucoup de générosité.

BM : Comment êtes-vous arrivé au roman noir ?
Romain Slocombe : J’ai beaucoup aimé la littérature policière ou le roman noir, les choses un petit peu sombres, qui faisaient peur. Je lisais Sherlock Holmes, Arsène Lupin, quand j’étais au lycée, ou même avant, ça été par période, après j’ai eu une période littérature d’horreur, et de science fiction aussi, et puis quand j’avais peut-être environ 20 ans, j’ai lu énormément ce qui sortaient dans la collection « Carrée Noire », surtout les James Hadley Chase, et puis certains grands romans noirs américains, d’Horace McCoy, de Jim Thompson, j’ai eu ma période et ça m’est resté quelque part, après j’ai eu un parcours assez divers, parce que j’ai fait de la bande dessinée, j’ai fait de l’illustration, etc., et j’ai écrit un roman noir mais c’était vraiment un truc que j’appelle intermédiaire, c’était en 82-83, j’avais 29, 30 ans, j’ai écris une nouvelle assez sombre qui se passait à Londres, et quand j’ai fini la nouvelle, je me suis rendu compte que ce n’était pas fini. C’était l’histoire d’un mec qui avait agressé une fille, sa voisine dans un squat de Londres où il habitait, c’était un artiste américain qui avait été GI, qui avait déserté et qui vivait dans ce squat, et tout à coup, je me suis dit mais que se passe-t-il ensuite ? Il se barre de ce squat, mais qu’est-ce qu’il va lui arriver dans Londres ? Et tout à coup je me suis dit, bon, c’est pas fini, et j’ai écrit le chapitre suivant et le chapitre suivant, etc. et c’est devenu un bouquin et j’ai rajouté un chapitre tout au début pour faire une sorte d’amorce, de flash-back. A l’époque, je dessinais beaucoup dans Métal Hurlant, et il sortait des collections de livres, ils avaient édité Hubert Selby Junior, Eric Ambler…, il y avait de l’espionnage et du roman, noir si on veut, américain, ils avaient une collection qui s’appelait Autodafé où il y avait du texte et de l’image, et c’était Fromental, un copain qui dirigeait la collection, je lui ai passé le texte, il a dit « tu t’es bien démerdé, super, je ne savais pas que tu écrivais », il m’a publié tout de suite, dans la foulée j’ai fait les illustrations, et ça s’appelait  Phuong-Dinh Express, c’est sorti en 83 ensuite j’ai fait quelques romans jeunesses au milieu des années 80. Quand Patrick Raynald a pris les rênes de la série noire, en 91, c’était l’époque où j’allais beaucoup au Japon, il m’est arrivé pas mal de trucs assez insolites là-bas, et vers 93, j’avais une expo, il était venu, et il m’a demandé de faire un polar se passant à Tokyo, alors j’ai commencé à y réfléchir un petit peu, et ça n’a en fait rien donné, mais six ans plus tard, en 99, une amie m’a demandé de faire un roman contemporain assez court se passant à Tokyo, et j’ai commencé, et c’est devenu de plus en plus polar, et comme chez Denoël finalement ils ne l’ont pas pris, je l’ai porté à Patrick Raynald qui m’a dit c’est exactement le bouquin que je t’avais commandé il y a 5 ou 6 ans, il m’a dit « ne le montre à personne, je le publie le plus vite possible » et c’est sorti assez vite, et comme j’ai eu l’idée de faire une tétralogie avec le même personnage récurrent Gilbert Woodbrooke, du coup les autres livres ont suivi après celui-là. Continuer la lecture

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