Archives de catégorie : Gérardo-Lambertoni
Gérardo Lambertoni, 2002
Je rencontre Lambertoni aux Cambuses du Noir.
BM : Est-ce que ça a été facile d’être publié ?
Gérardo Lambertoni : Non, non, j’ai mis 20 ans mais il y a eu quelques petites choses avant, comme Noir Poésie, quelques nouvelles sur ces dernières années, parfois dans des recueils, parfois dans des vrais magazines, et puis il y a eu des scénarios, et il y a eu le premier ouvrage collectif aux éditions du ricochet, avec des gens connus, inconnus, des gens importants, moins importants sur une idée intéressante. Puis je suis coauteur de ce Poulpe en ayant mené l’atelier avec l’enseignante et quatre élèves du lycées de Clermont . Donc c’était une première forme de publication. Continuer la lecture
Publié dans Entretiens, f-l, Gérardo-Lambertoni
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Place des Trépassés, Djemàa el-Fna, Gérardo Lambertoni, Atout Edition, 2001
Maroc. Place des Trépassés, un vieux roulé dans des couvertures est cramé par des jeunes qui s’ennuient. Au Maroc, un jeune marocain pauvre passionné de football commence son ascension qui le mènera jusqu’à Montpellier mais le Maroc le rattrape…
Une intrigue à première vue minimale mais une richesse au niveau thématique, on y parle de football, de valeurs, de fidélité à ses origines sociales, d’immigration, on rencontre des hommes fascinants, comme Bensallah, sorte de trafiquant qui prend Younes, le héros sous son aile, on se retrouve sur des lieux comme cette place centrale dans le livre, où tout se noue, où les hommes et les histoires se croisent, se font échos. Mais Lambertoni ne fait pas dans le folklorique, le pittoresque, il aime ses personnages, cette place et les gens qui s’y trouvent.
L’écriture est très belle, mélangée, avec différents niveaux langages, du soutenu au parlé ponctués de mots marocains, un métissage qui se fait souplement, qui ne se voit pas. De même que les changements de rythme, des phrases qui parfois se développent en s’enroulant, qui souvent se font courtes, sèches, rapides. Un style au diapason des thèmes abordés, qui accélère comme une attaque d’un avant-centre, qui bouillonne de différentes cultures. Un roman qui a l’apparence de la simplicité mais qui est construit avec beaucoup de subtilité, avec des résonance internes entre différentes parties, des séquences qui sont les miroirs déformés d’autres, avec de multiples strates, un roman court, efficace, comme une longue nouvelle sur le sacrifice d’un marocain au destin prometteur par respect pour la mémoire de ses ancêtres.
Publié dans Critiques, Gérardo-Lambertoni, k-l
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