Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

Des messages étranges rappelant une époque ancienne parviennent à un crieur, des symboles médiévaux sont peints sur des portes, et les cadavres suivent… Le commissaire Adamsberg va peut-être devoir affronter un mal qui prend la forme de la peste et d’un inquiétant semeur.
Les personnages sont typés avec chacun sa part de bizarreries et manies (le marin breton bourru en rupture, l’ancien instit’ conseiller en choses de la vie, le commissaire qui marche à l’intuition et son collègue plus rationnel, l’ancienne prostituée noire, etc.), l’intrigue est bien emballée et nous fait faire des retours entre le passé et le présent (la Vargas’touch) d’une façon souple, l’écriture est élégante et discrète, le vocabulaire riche. Bref, un livre qu’on ne lâche pas avant de l’avoir finit… mais qui s’oublie dès la dernière page lue.
Difficile de ne pas reconnaître chez Vargas un savoir-faire (malgré quelques invraissemblances et facilités) : un sens du rythme, avec ses indices disséminés au fur et à mesure, et des retournements de situation qui font passer une intrigue somme toute banale. Difficile de nier son efficacité scène après scène qui en font un bon roman noir à lire avant de se coucher. Mais on sent le travail de formatage, on a l’impression de lire un exemple des bonnes recettes pour faire un roman noir qui plaira à tous (trouver un milieu original, bien caractériser les personnages, trouver une nouvelle arme du crime, etc.), il manque un regard, des distorsions, des écarts qui mettraient un peu d’étrangeté dans ce roman académique.
Tout cela est propre, cadré, bien rangé, pas perturbant, normal que le journal Marie-Claire (voir quatrième de couverture) parmi d’autres, affirme s’intéresser à nouveau au polar grâce à Vargas, si ça peut leur permettre d’en lire d’autres plus personnels ensuite…  Pars vite et reviens tard est donc un roman agréable, il est juste dommage qu’avec son talent, Fred Vargas ne se mette pas plus en danger.
Pars vite et reviens tard de Fred Vargas, Éditions Viviane Hamy, 2001

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