La mort du petit coeur de Daniel Woodrell

Une histoire minimale, oedipienne, un jeune homme de 13 ans, sa mère très proche, et son père drogué, un type violent.
Et rien d’autres ou si peu. Et des liens qui se tissent entre les membres de cette famille.
L’auteur tient son thème, garde le ton jusqu’à la fin, il ne se passe rien d’extraordinaire, mais la violence peut exploser à tout moment, ce qui crée une tension permanente. Une ligne qui se brise. Un jeune homme entre un père qui le bat et sa mère qui le séduit, et des deux côtés il y a des risques. Entre l’amour incestueux pour la mère et la haine pour le père, il ne semble pas y avoir de solution.
On trouve peu d’explications psychologiques. Juste un univers familiale clos avec comme décor un cimetière où habitent les protagonistes, et un univers mental sans échappatoire.
Un style pas toujours léger mais qui tient la route.
Et des bizarreries, par exemple le narrateur qui imagine pour son futur cercueil une boite de conserve accroché à un mur, on trouve ainsi quelques passages courts qui n’ont pas grand chose à voir avec le reste mais qui surgissent de façon impromptu dans le récit et donne une ambiance insolite au livre.
Est-ce que ça finit bien ou mal ? Difficile de savoir. Cette incertitude laisse une fois le livre refermé des sensations diffuses. Une inquiétante étrangeté qui perdure.
La mort du petit cœur de Daniel Woodrell, traduit de étasunien par Franck Reichert  Rivages/Noir, 2002

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