La Dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon de José Luis Munoz

Cuba, la révolution est souffreteuse, un inspecteur fidèle au régime enquête sur le meurtre d’une prostituée découpée en morceaux. L’écriture de Munoz nous immerge sur cet île et sait nous faire partager le blues de ses habitants. Le rythme est rapide, efficace, on suit les déambulations du héros avec plaisir. En peu de mots, il décrit les lieux, il crée une ambiance avec un ventilateur et deux vieilles tables. Cette capacité à faire émerger des images, des odeurs, une musique est ce qui donne la saveur à ce livre. Par exemple : « Et puis cette explosion d’arômes de torréfaction sortant de toutes les fenêtres, de tous les coins, des plus petites rainures, pendant que l’aube se teintait de pourpre et que la chaleur transformait l’air en une soupe épaisse où tous les Havanais trempaient comme des vermicelles. »
L’intrigue est secondaire, l’auteur ne nous cache pas qui est le criminel dès le départ, même si étrangement il déroule une enquête policière classique et fait comme s’il y avait un quelconque mystère. Mais peu importe, l’intrigue n’est que la justification des déambulations du héros.
Le problème est que rien n’est vraiment surprenant. Cuba ressemble à l’image qu’on a de Cuba, il y a peut-être peu de chance qu’elle ressemble à l’image de la Suède, soit, mais là, les petits culs chaloupés des métisses (ça remue des hanches toutes les deux pages), les vieux à la peau tannée qui chantent dans la rue le soir en fumant des cigares, le rhum qui coule, le soleil sur la baie, tout est là, rien ne manque, jusqu’à cette population qui aime danser dès qu’elle peut.
De même le duo du flic est déjà vu, le vieux alcoolo et obsédé (mais grand amateur de littérature, ha derrière ce flic bourru et machiste se cache un être sensible et cultivé !) et le jeune droit dans ses bottes, qui finira par… bon ça vous verrez bien mais on s’y attend. Rien de vraiment neuf.
Le voyage est plaisant grâce au style solide de l’auteur, mais manque d’originalité, un peu plus de turbulences, quelques trous d’air auraient rendu l’ensemble plus vivant et plus saillant.
La Dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon de José Luis Munoz, traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco, Actes Sud Noir, 2008

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