Paris blues de Maurice Attia

C’est la fin d’une trilogie qui partait d’Alger, passait par Aix Marseille pour finir avec ce livre à Paris, soit l’itinéraire d’un flic d’origine espagnol et traversant la guerre d’Algérie pour vivre les évènements des années 60 en France.
Maurice Attia a pour ambition de mêler les faits historiques et une intrigue policière, et il le fait souplement, ainsi dans ce livre on retrouve les remous qui ont suivit mai 68 avec les maoïstes de la gauche prolétarienne, on retrouve la guerre et Algérie et l’OAS, on évoque Franco, l’Argentine, etc. et aussi le cinéma, la littérature de l’époque, les changements architecturaux de Paris, à part quelques passages plaqués, tous ces éléments s’intègrent à l’ensemble.
La construction à plusieurs voix est original, elle ne suit pas un schéma stricte, de nouveaux narrateurs apparaissent sans qu’on s’y attende, et Maurice Attia sait intégrer ces voix avec fluidité.
L’intrigue est secondaire, l’auteur semble s’en foutre autant que le héros mais ça ne porte pas préjudice au rythme, il ne ménage pas vraiment le suspense, laisse les mystères être résolus par d’autres personnages secondaires. Cette désinvolture, cette nonchalance ajoute du charme à ce livre.
Le problème est le personnage principale qui s’auto-lamente et qui s’aime bien en même temps, c’est parfois lassant et complaisant, de plus le fait qu’il soit toujours dans le commentaire sur ses actes et se conséquences créent une distance dommageable, on voudrait parfois être dans l’action plutôt que dans le commentaire de l’action.
Le livre est décevant par rapport aux maos qu’on ne voit que sous un angle folklorique, comme s’il n’y avait pas de soubassements politiques, sociales à leur lutte, quelque soit l’opinion qu’on peut avoir sur ce mouvement et ses militants. Là-dessus, Attia ne dépasse pas ce que l’on entend usuellement sur la fac de Vincennes dans les années 60, des petits bourgeois qui se piquent de révolution et de libération sexuelle, l’auteur n’y apporte ni nuance, ni complexité.
Est gênant aussi le rapport homme/femme, entre les hommes qui sont soit flic, soit proxénète, et les femmes qui sont pute, fantasme, mère ou folle, toutes les femmes ne pensant qu’à se taper le héros, il y a quelque chose d’assez réac dans tout ça. Ce sombre héros qui souffre de faire souffrir ses amoureuses, qui déprime mais reste quand même viril, ça correspond à une époque, celle du livre, ça fait parfois daté. Cela n’empêche pas d’en faire dans l’ensemble un livre solide et attachant. L’écriture est classique et juste avec une part de trivialité surprenante mais cela tient la route.
Paris blues de Maurice Attia, Babel Noir, 2009

Un commentaire

  1. Si le but de l’auteur était de nous faire part de sa nostalgie de la fin des années soixante, il a réussi. En dehors de ça, les histoires qui s’entremèlent ne sont guère convaincantes; on change de narrateur sans crier gare; les personnages sont dessinés à la hâte, peu crédibles.. Le livre est globalement assez ennuyeux et pas très bien écrit.

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