Dernier tour de manège de Jean-Paul Nozière

Un couple qui font rembourser des créances, un gendarme en rupture avec son service, un notaire amoureux fou qui tue et torture des chevaux, tous ses personnages au passé compliqué vont se croiser.
Au départ le ton est dur, très sombre puis il devient plus ironique, et cette alternance donnera son ambiance au livre. Une histoire tragique, des lieux en déshérence, des personnages perdus, le tout raconté de façon plutôt humoristique, on retrouve ainsi une forme développée dans des livres de  Pierre Siniac, certains Donald Westlake ou certains Jan-Paul Demure (Aix Abrupto ou Milac par exemple). L’auteur tient cette ligne, grâce à des portraits riches et touchants. L’écriture est en accord avec les personnages, collant à la folie de l’un ou à la sensualité d’une autre.
L’ensemble aurait pu être plus resserré, Jean-Paul Nozière ose parfois des ellipses soudaines qui donnent du rythme mais ne peut s’empêcher de revenir expliquer tout ce qu’on a manqué en léger flash-back, annulant par là l’effet voulu.
C’est dommage, il devrait avoir plus confiance en lui et à son audace et aussi plus confiance au lecteur, apte à relier les points. On sent la peur de nous perdre.
Répétons-le : être par moments perdu permet aussi de s’investir dans un roman, d’être stimulé, de se sentir plus actif, là on suit l’intrigue, peut-être tirée par les cheveux mais cela ne gène pas, avec plaisir mais dans un certain confort alors qu’on sent qu’une histoire plus dense, avec des trouées aurait rendu ce livre plus percutant.
Dernier tour de manège de Jean-Paul Nozière, Éditions rivages/noir, 2011

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