L’inconfort des ordures de Dominique Sigaud

Un livre d’une grande tristesse. Une tristesse qui emporte tout. Pas du mélo, du drame, non, juste un monde décevant, des vies froides, blanches comme l’appartement de Justine la prostituée retrouvée morte dans une poubelle.
Il faut un petit temps d’adaptation, tant ce crime inaugural est analysé, décomposé dans toutes ses répercussions, qu’est-ce qu’un corps ? Un cadavre ? Une vie ? Que peut-on ressentir face à ça ? L’auteure nous pose la question à travers son personnage de commissaire qui veut trouver un sens à son enquête pour combler un manque de sens dans sa vie.
C’est un livre très bien écrit, précis qui fonctionne par ressacs, flottements.
Roman noir qui gratte l’inconscient. Ou dès le début tout semble déjà perdu.
Elle effleure le politique, avec l’exploitation de la chair, l’arrogance des riches, mais Dominique Sigaud en parle par la bande, et ces petites touches sont plus dérangeantes que certaines grandes démonstrations.
Elle ne nous donnera même pas le plaisir de voir les « méchants » payés, il n’y a rien, plus rien, tout est propre, net.
Les ordures garderont leur confort.
L’inconfort des ordures de Dominique Sigaud, Babel Noir, 2007

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