La guerre des vanités de Marin Ledun

Le début est intrigant avec ces adolescents qui se suicident les uns après les autres dans la petite ville de Tournon qui borde le Rhône, on est tout de suite dans l’histoire et on a envie d’en savoir plus. On est dans du classique, le flic au bout du rouleau qui s’engueule avec sa hiérarchie et qui se trouve associé à un flic plus jeune et moins expérimenté. Le rythme est prenant mais le chemin balisé. Descriptions courtes et efficaces de cette ville et de ses habitants, dialogues nombreux, informations distillées au fur et à mesure, c’est une belle mécanique à la manière de Dominique Manotti mais parfois on voit trop les engrenages, les vis, ici une fausse piste, là un élément montré au lecteur puis oublié qu’on sait retrouver plus tard, les atermoiements du héros et ses questionnements pour que le lecteur ne soit pas perdu, le doute du héros face à son enquête (un peu trop appuyé et répétitif au centre du roman) avant l’accélération finale… on sait où on va même si l’écriture nerveuse et les rebondissements font qu’on lit l’ensemble avec plaisir surtout que Marin Ledun sait éviter les réponses trop attendues que son début semble présagées, il évite aussi la violence complaisante, le malsain qu’on aurait pu craindre pour décrire ces adolescents qui font peur et que les adultes veulent toujours trop protéger.
La guerre des vanités de Marin Ledun, Série Noire, Gallimard, 2010

Un commentaire

  1. Hannibal le lecteur

    J’aime beaucoup les romans de Marin Ledun.
    D’ailleurs, j’attaque bientôt Les visages écrasés, qui est d’après ce que j’ai pu lire sans doute son meilleur roman. A suivre donc…
    Celui-ci est déjà très bon.
    Un peu moins roman noir et un peu plus thriller, Modus Operandi, son premier, m’a beaucoup plu aussi. Tout comme Marketing viral d’ailleurs (mais un peu moins peut-être).

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