Intérieur Nord de Marcus Malte

Soit un recueil de quatre longues nouvelles. Des histoires de deuils qui ne peuvent se faire, des histoires d’amour qui auraient pu avoir lieu, ou qui finissent dans le sang. Autant j’avais des réticences sur « La part des chiens » le précédent livre de Marcus Malte, très bien écrit mais qu’un trop plein de monstruosité rendait presque indigeste même si on y trouvait un ton, une force, une vision et de très beaux passages.
Dans ses nouvelles Malte fait preuve de plus de simplicité tout en conservant la maîtrise de son style. Quatre histoires donc qui parlent d’individus qui ont tout perdu, perdent tout, un monde de tristesse et de désolation servies par une écriture sèche et froide comme le Nord, comme la mort.
Des histoires qui restent en nous une fois le livre fermé, parce que les personnages que Marcus Malte décrit existent, vivent même si ils survivent plutôt, ont de l’épaisseur, ont une réelle consistance, on se souvient d’eux, on les rencontre, on les garde avec nous comme si on les avait vraiment rencontrés, tout cela est dû à l’écriture de Marcus Malte, qui par petites touches, loin de l’emphase, de la caricature, les accompagne avec justesse et tristesse.
Intérieur Nord de Marcus Malte, Éditions Zulma, 2005

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