Archives par mot-clef : Marcus Malte

Même pas Malte, Maïté Bernard, Editions Baleine, 2010

Ce livre est un peu comme une poupée russe, c’est un hommage à Marcus Malte qui avait écrit le Poulpe le Vrai con Maltais , dont Maïté Bernard reprend le personnage de Brigid, c’est aussi un hommage au Faucon Maltais de Hammett comme l’était le Poulpe de Malte, c’est aussi un jeu avec le Poulpe qui est un personnage mou et en retrait par rapport à la réelle héroïne qui est Brigid. Les références se croisent, sont cachées les unes dans les autres. Ce personnage de Brigid pourrait être ainsi être joué par Lauren Bacall l’héroïne cinématographique du Faucon Maltais.
Bref un livre joueur et plutôt rythmé, l’intrigue, basée sur une histoire de vase afghan, nous emmène dans les milieux de l’art, dans les trafics qui ont suivi la guerre en Afghanistan, on s’y perd assez vite, mais cela importe peu, l’ensemble a un côté feuilletonesque sympathique.
L’écriture est vive, joueuse, rapide, les dialogues efficaces pour ce livre amusant et léger qui ne cherche pas à être autre chose qu’un roman de gare joyeux et énergique.

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Marcus Malte, 2007

J’ai rencontré Marcus Malte au festival « Pas Sérial S’Abstenir » à Besançon, le lendemain d’une soirée alcoolisée et après une partie de pétanque endiablée (n’hésitez pas à passer à ce festival qui se déroule fin mai).

BM : Comment es-tu arrivé au roman noir ?
Marcus Malte : Quand j’ai commencé à écrire des romans ce n’étaient pas des romans noirs au départ. Les premiers n’ont pas été publiés et il se trouve que le premier qui a été publié c’était un polar mais je ne me suis pas dit en l’écrivant que j’allais écrire un polar. J’ai écrit un truc et à la fin j’ai vu que ça ressemblait à un polar mais c’est aussi parce que j’en avais lu pas mal.

BM : Est-ce que tu penses qu’il y a une thématique assez proche dans tous tes livres ?
MM : Moi, je suis incapable d’analyser ce que j’écris, donc s’il y en a une c’est aux lecteurs éventuellement de me le dire. Le seul thème général qui me semble apparaître dans mes romans c’est l’homme, c’est l’humain. Je m’intéresse à tout ce qui touche à l’homme, à travers des histoires relativement différentes à chaque fois, j’essaie d’aller au plus près de l’être humain… Continuer la lecture

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Intérieur Nord, Marcus Malte, Editions Zulma, 2005

Soit un recueil de quatre longues nouvelles. Des histoires de deuils qui ne peuvent se faire, des histoires d’amour qui auraient pu avoir lieu, ou qui finissent dans le sang. Autant j’avais des réticences sur « La part des chiens » le précédent livre de Marcus Malte, très bien écrit mais qu’un trop plein de monstruosité rendait presque indigeste même si on y trouvait un ton, une force, une vision et de très beaux passages.
Dans ses nouvelles Malte fait preuve de plus de simplicité tout en conservant la maîtrise de son style. Quatre histoires donc qui parlent d’individus qui ont tout perdu, perdent tout, un monde de tristesse et de désolation servies par une écriture sèche et froide comme le Nord, comme la mort.
Des histoires qui restent en nous une fois le livre fermé, parce que les personnages que Marcus Malte décrit existent, vivent même si ils survivent plutôt, ont de l’épaisseur, ont une réelle consistance, on se souvient d’eux, on les rencontre, on les garde avec nous comme si on les avait vraiment rencontrés, tout cela est dû à l’écriture de Marcus Malte, qui par petites touches, loin de l’emphase, de la caricature, les accompagne avec justesse et tristesse.

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