Archives par mot-clef : mafia
J’ai confiance en toi, Francesco Abate, Massimo Carlotto, traduit de l’italien par Laurent Lombart, Editions Métailié
Le titre de ce livre est emprunté à une chanson italienne et doit être pris dans un sens ironique puisqu’il s’agit de raconter un monde où l’on ne peut faire confiance à personne. On suit le parcours d’un petit dealer qui se retrouve à trafiquer de la bouffe avariée à force de trahison, mensonge, soit la description d’un ambitieux qui travaille avec méthode, précision et dont la vie va merder pour des raisons subalternes et annexes.
On est pris dans la logique de ce héros qui est un salaud mais pas pire que les autres. C’est écrit avec humour mais sans mépris, on s’attache presque à cette crapule qui veut juste réussir dans la vie. On pense parfois aux Affranchis de Scorcese, soit l’histoire d’un homme qui ne veut pas être un plouc, les auteurs ont la même énergie que le cinéaste, ça va vite, le rythme est prenant, l’écriture d’une grande fluidité change de niveau de langage habilement, les auteurs ont le sens de la formule, de la phrase qui percute au bon moment, l’ensemble a du souffle. Si le ton est moins désespéré que dans de précédents livres de Massimo Carlotto, le fond est proche, c’est à dire comment s’en sortir dans un monde capitaliste dont la logique de compétition mène les hommes à s’écraser les uns, les autres, qu’on soit dans l’illégalité ou non.
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Mafiya, Bernard Dufourg, Les Contrebandiers Editeurs, 2006
Ce livre ressemble un peu à un vieux roman d’espionnage, une prostituée russe, un héros reporter, des réseaux qui permettent au héros de sortir de la Russie…
Il se compose en deux terrains principaux : la Russie et le pays Basque et la question est à quel moment nous allons de l’un à l’autre. Un roman avec une structure à plusieurs voix qui relancent l’intrigue, on sait depuis le début que ça va se croiser, qu’il y a une somme d’argent qui devrait faire le lien entre les différentes affaires (le héros et une prostituée russe en fuite, et son fils en conflit avec des gangsters locaux) et le jeu est de trouver à quel moment ça va se lier, se regrouper et de quelle façon.
L’écriture n’est pas très marquante, mais les descriptions des lieux, des atmosphères sont assez justes, par contre à deux, trois moments, les relations entre les protagonistes frisent la mièvrerie.
Un livre qui reprend ce côté roman « populaire », presque feuilletonesque qui n’a pas peur du cliché, le principe est un pur principe de plaisir, un livre plutôt ludique ni renversant, ni désagréable.
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Adelante, Andrej Longo, traduit de l’italien par Françoise Brun, Editions Liana Levi, 2004
Le portrait d’une famille autour d’un pizzaïolo qui refuse de céder au gangster local. Des multiples personnages (le pizzaïolo, sa fille qui veut devenir une star, le parrain local et son fils) se croisent jusqu’à l’affrontement final. Parabole sur la mafia (le méchant est appelé le Piranha), sur le fait d’y résister, voire parabole sur l’oppression et la résistance
.Roman court, rapide, enlevé qui se concentre sur l’essentiel, construit sur une alternance de point de vue, technique classique qui permet de capter l’attention puisqu’à chaque fois le rythme est relancé. Agréable à lire, on a envie d’en savoir plus.
Les personnages sont attachants, bien définis.
Une écriture simple, qui maintient à distance, mais qui manque un peu de force, de conviction, agréable mais sans plus, parfois maladroite. Cette écriture tend à rendre l’ensemble anecdotique alors que le tout aurait pu avoir plus d’ampleur. Ça divertit sans laisser beaucoup de traces.
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