Archives par mot-clef : jazz
Rendez vous dans le 18ème, Jake Lamar, traduit de l’étatsunien par Stéphane Carn et Catherine Cheval, Rivages Thriller
Comme le titre l’indique, ce livre est une plongée dans le 18ème arrondissement de Paris. Un pianiste, Ricky Jenks, exilé afro-américain à Paris, doit enquêter sur la disparition de la femme de son cousin détesté. Ce sera l’occasion pour l’auteur de nous décrire un quartier avec ses habitants, ses marginaux, ses transsexuels, ses rues, ses bars sombres. Le regard d’un exilé, un regard tout en nuance autant sur ce coin de France que sur la communauté noire américaine qui s’y trouve.
L’écriture est classique, l’histoire tarabiscotée mais peu importe, on s’y perd un peu, c’est d’une crédibilité limitée, mais c’est foutraque comme la vie du héros loser, ça fait partie du charme du livre dont le réalisme se situe ailleurs, dans les sentiments du héros, dans le couple touchant et orageux qu’il forme avec Fatima, dans sa relation avec sa famille. Beaucoup de tendresse dans le regard qu’il pose, même sur les méchants de l’histoire. Tout le monde a ses raisons et cela fait partie de l’humanité qui se dégage de ce livre.
Publié dans Critiques, Jake Lamar, k-l
Marqué avec Editions Rivages, Jake Lamar, jazz, Paris
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Une belle histoire d’amour, Philippe Carrese, Fleuve Noir, 2003
Une histoire de malfrats minables dont un qui veut se venger de sa copine, une histoire qui va partir en un délire réjouissant.
Carrese a un grand sens de la construction, l’intrigue en soi a peu d’importance, comme l’auteur on s’en fout un peu, pour lui ce qui compte est le trajet, il nous balade, on ne sait jamais dans quelle direction on va et on se laisse porter volontiers.
Ce livre est une cascade de micro-évènements, Carrese sait rendre ceux-ci intéressants, amusants ou étranges (ainsi la scène du début dans le fast-food ou l’enlèvement de Gisèle très rythmé, au tempo très précis)
Les situations, les lieux, les personnages (du tueur amateur de chansons italiennes au héros, loser fan de jazz pris à contre cœur dans cette histoire en passant par le gangster débile, violent et romantique), sont décrits d’un trait rapide et efficace, des esquisses, des caricatures pleines de vies et d’une sorte de noire tendresse, des personnages qui ne sont pas figés, qui évoluent par rapport au déchaînement d’évènements. On est touché par la romance qui apparaît à l’arrière-plan et malgré l’humour, la violence, on a effectivement droit à une belle histoire d’amour.
Parfois un peu de trop plein (ainsi la cymbale qui traverse Marseille) mais c’est souvent la règle du roman noir délirant (à la Westlake ou Siniac) qui joue sur la profusion et l’absurde.
Le style sait s’adapter à ce genre : riche, à l’emporte pièce, jouant sur différents niveaux de langages, sur différents argots, et cette richesse n’empêche pas la fluidité parce que ce qui importe avant tout c’est le rythme général, avec des ralentis, des accélérations. Un style et un rythme très musical, l’amour de l’auteur pour le jazz n’y est sûrement pas étranger.
Publié dans c-d, Critiques, Philippe Carrese
Marqué avec Editions Fleuve Noir, Gangsters, jazz, Philippe Carrese
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