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On a tué Bisou !, Mehmet Murat Somer, Traduit du turc par Gökmen Yilmaz, Actes Noirs/ Actes Sud, 2007
Roman noir qui se passe dans le milieu gay, travesti d’Istanbul. On est loin des vieux « hard boiled » machos et la principale qualité de ce livre est de nous faire découvrir un univers dont on parle peu, jusqu’à ce langage, le lubunya, argot utilisé par les homosexuels pour éviter la répression.
Le héros (héros le jour, héroïne la nuit) est une tenancière d’un club de travestis et se met à enquêter sur la mort d’une de ses filles, Bisou.
L’enquête proprement dite n’est pas d’une originalité folle, et l’auteur prend son temps pour la dérouler, parfois un peu trop de temps, le récit aurait peut-être gagné à être plus nerveux, même si une certaine langueur donne son atmosphère au roman. Il prend son temps aussi pour nous faire entrer dans l’univers de son personnage principal, un univers teinté d’ironie, touchant et assez drôle. Mettant autant de soin dans sa toilette, ses vêtements que dans la résolution de l’enquête, il/elle devient très attachant/e.
Intéressant aussi comment l’auteur joue sur la sexualité, passe du masculin au féminin et inversement pour le même personnage, créant un flou, une écriture transgenre.
Un livre sympa et modeste qui nous permet de découvrir un nouveau pays du roman noir.
Publié dans Critiques, Mehmet Murat Somer, s-t
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Riches, cruels et fardés, Hervé Claude, Série Noire, Gallimard, 2002
Une sorte de huis-clos dans un hôtel de luxe perdu sur le rivage australien, un hôtel fréquenté par des gays, quelques jours avant le mardi gras gay de Sidney, pendant une tempête, quelques clients sont là. Et puis des morts arrivent.
C’est un dix petits nègres homosexuel, un lieu inaccessible, les cadavres apparaissent les uns après les autres, qui est l’assassin ? Le livre est raconté par les différents personnages de l’histoire. La construction est astucieuse, les différents regards se croisent souplement avec plusieurs versions pour une même scène, les visions s’imbriquent et se suivent.
On ressent bien l’ambiance de ce lieu perdu au milieu d’une faune hostile (crocodiles, méduses…). Par contre la tentative pour l’auteur de créer un climat sensuel n’est pas abouti, Hervé Claude semble rester à distance de ces corps qui se rencontrent. La description du milieu homosexuel et d’une mafia qui se construit sur les nouveaux marchés que peut produire le milieu gay n’est pas exempt de poncifs (comment les éviter ?) mais aborde des points de vue intéressant, ainsi les rapports entre les anciens de la communauté et les jeunes sont bien traités.
A part ça ? Ben pas grand chose, ce n’est pas désagréable à lire, de là à dire que c’est passionnant. Le style est sobre jusqu’à la fadeur avec quelques clichés ( » Et ainsi la mort rodait. « , ce genre de truc… ).
Les personnages qui se disent plusieurs fois qu’ils vivent un roman noir, comme si l’auteur lui-même avait besoin de le préciser, qu’il n’en était pas convaincu. Juste un petit exercice de style référentiel. Une distraction sans importance.
Publié dans c-d, Critiques, Hervé Claude
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