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Même pas Malte, Maïté Bernard, Editions Baleine, 2010

Ce livre est un peu comme une poupée russe, c’est un hommage à Marcus Malte qui avait écrit le Poulpe le Vrai con Maltais , dont Maïté Bernard reprend le personnage de Brigid, c’est aussi un hommage au Faucon Maltais de Hammett comme l’était le Poulpe de Malte, c’est aussi un jeu avec le Poulpe qui est un personnage mou et en retrait par rapport à la réelle héroïne qui est Brigid. Les références se croisent, sont cachées les unes dans les autres. Ce personnage de Brigid pourrait être ainsi être joué par Lauren Bacall l’héroïne cinématographique du Faucon Maltais.
Bref un livre joueur et plutôt rythmé, l’intrigue, basée sur une histoire de vase afghan, nous emmène dans les milieux de l’art, dans les trafics qui ont suivi la guerre en Afghanistan, on s’y perd assez vite, mais cela importe peu, l’ensemble a un côté feuilletonesque sympathique.
L’écriture est vive, joueuse, rapide, les dialogues efficaces pour ce livre amusant et léger qui ne cherche pas à être autre chose qu’un roman de gare joyeux et énergique.

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Qu’en est-il du corps de Dieu ?, Gérald Bronner, Ultimes, Baleine, 2002

Un homme part brusquement à New York laissant tout derrière lui sauf son chien. Cet homme d’une beauté sidérante va dériver. Mais il se passe des choses étranges, surnaturelles.
Dans le milieu du polar empli de mécréants alcooliques, oublieux de la religion, voir libre penseurs ou anarchistes, la question  » qu’en est-il du corps de dieu ? » est une question que peu se posent. De même je ne pense pas que beaucoup d’entre eux se demandent ce que signifie être un saint et en quoi le doute nourrit la foi (si j’ai tout compris). Bref un roman qui tranche avec le reste du roman noir français.
Bronner est un mystique. Et pourquoi pas.
Il sait créer un climat mystérieux, par petites touches il arrive à nous intriguer, on se demande pourquoi ces chiens se regroupent pour commettre des méfaits par exemple, seule la fin est décevante par rapport à ce que promettait le reste du récit.
En plus d’un univers, il est évident que Bronner a une écriture à lui faite de phrases courtes, exclamatives, interrogatives, un vocabulaire cru, sobre et parfois suranné.
Mais si le style est plus maîtrisé, on retrouve les défauts de son roman précédent, une pose parfois désagréable, une volonté de mettre à distance le lecteur. On a l’impression de visiter une belle architecture froide. Avec parfois une certaine complaisance : comme cette description des femmes toujours vus par le narrateur comme trou, réceptacle…, même si ce n’est pas Bronner qui parle mais son héros, on sent une volonté de faire dans le malsain, le politiquement incorrect un peu facile. Le jour où Bronner voudra moins en faire, en montrer, il pourra devenir un grand écrivain.

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Un nain seul n’a pas de proches, Thierry Reboud, Le Poulpe, Baleine, 1999

Le Poulpe enquête sur le meurtre d’un nain bosniaque. Aidé de militants antifascistes il se retrouve à devoir affronter des nationalistes serbes.
On retrouve les ingrédients du Poulpe, les repères : de méchants fascistes, de gentils gauchistes, le Poulpe en justicier… c’est documenté sur la Bosnie, le livre est bien construit. Un roman qui tient la route et qui ne brille pas par son originalité, mais est-ce le but quand on écrit un Poulpe ?
Le Poulpe dans ce livre paraît toujours freiné par ses alliés, il semble vouloir foncer mais est sans cesse bridé. Un peu comme Thierry Reboud ?

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Journal de guerre, Gérald Bronner, Baleine, 2002

Un lycéen redoublant dans une ville lambda part en guerre. Contre quoi ? Contre qui ? Nous ne savons pas trop mais nous savons que c’est la guerre de tous contre tous. Gérald Bronner décrit un univers mental fermé sur lui-même, celui d’un lycéen qui a une rage enfouie en lui, pour qui la famille est synonyme de coups, de pleurs, les relations sexuels avec les filles toujours proche du viol, un jeune qui ne pense qu’à sa bite et à son flingue (réel ou imaginaire ?) qui lui permettrait de dézinguer à tout va.
Le roman fait comme le héros, il tire dans tous les sens, en petites phrases hargneuses, explosives. Et comme ça tire dans tous les sens, ça tire un souvent juste, ça tire parfois à côté de la plaque. D’un côté, une vraie méchanceté, de belles envolées, un style rapide, parlé et poétique en même temps. De l’autre on trouve de l’esbroufe, une volonté de choquer parfois tape à l’œil, c’est presque trop écrit, trop pensé, ainsi cette volonté de ne pas faire qu’un roman noir mais aussi un récit apocalyptique avec des références religieuses ou mythologiques…, on sent le désir de se faire remarquer, c’est parfois un peu :  » regardez comme j’écris ! Regardez comme je ne suis pas politiquement correct ! Etc. « , l’auteur a voulu trop en mettre.
Bref ça remue légèrement mais on reste à distance, à admirer le style. Il manque un regard. Au niveau du rythme, le livre est bien construit, même si on comprend assez vite où l’auteur veut en venir, et si parfois, on éprouve une certaine lassitude face aux délires répétitifs du narrateur. Malgré ces réserves, cela reste un livre à lire, ce n’est pas un livre fade, banal, on sent une réelle volonté de rentrer dans le tas, de s’imposer, de partir au combat et l’écriture est d’une richesse pas si courante, ce qui l’élève au-dessus de la moyenne des romans noirs.
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