Archives par mot-clef : Dashiell Hammett

Même pas Malte, Maïté Bernard, Editions Baleine, 2010

Ce livre est un peu comme une poupée russe, c’est un hommage à Marcus Malte qui avait écrit le Poulpe le Vrai con Maltais , dont Maïté Bernard reprend le personnage de Brigid, c’est aussi un hommage au Faucon Maltais de Hammett comme l’était le Poulpe de Malte, c’est aussi un jeu avec le Poulpe qui est un personnage mou et en retrait par rapport à la réelle héroïne qui est Brigid. Les références se croisent, sont cachées les unes dans les autres. Ce personnage de Brigid pourrait être ainsi être joué par Lauren Bacall l’héroïne cinématographique du Faucon Maltais.
Bref un livre joueur et plutôt rythmé, l’intrigue, basée sur une histoire de vase afghan, nous emmène dans les milieux de l’art, dans les trafics qui ont suivi la guerre en Afghanistan, on s’y perd assez vite, mais cela importe peu, l’ensemble a un côté feuilletonesque sympathique.
L’écriture est vive, joueuse, rapide, les dialogues efficaces pour ce livre amusant et léger qui ne cherche pas à être autre chose qu’un roman de gare joyeux et énergique.

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Dominique Manotti, 2006

La rencontre avec Dominique Manotti a lieu sous le soleil de Frontignan pendant son festival international, à une petite poignée de kilomètres de la Méditerranée.

BM : Comment êtes vous arrivée au roman noir ?
Dominique Manotti : Je suis arrivée au roman noir parce que j’ai eu une vie très militante dans toute la première partie de mon existence et je me suis aperçue à partir d’un certain moment qu’il n’y avait absolument aucune chance que moi, je participe à un changement de société en profondeur et donc devant le désespoir ambiant, et le désespoir dans lequel j’étais plongée, j’ai rencontré quelques très grandes écritures comme celle d’Ellroy. Ça m’a décidé à écrire et à écrire du roman noir parce que je pense que le roman noir est un regard sur la société, un regard à la fois critique et désespéré et c’est ce qui me convenait. Continuer la lecture

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Annie Barrière, 2005

Cet entretien a eu lieu au festival « Pas Serial s’Abstenir » dans la belle ville de Besançon. Annie Barrière parle avec beaucoup de chaleur, d’une voix chantante (je sais, ça fait un peu cliché, Marseille, la voix chantante, tout ça mais faut bien dire ce qui est, et difficile de le retranscrire à l’écrit.)

Annie Barrière : Je suis venue au roman très tard d’abord dans ma vie, j’avais écrit des trucs différents, un peu de théâtre, un peu de nouvelle, j’avais un peu de mal avec la forme romanesque. Le noir m’a aidé à y rentrer, en partie parce que je me suis mise à lire beaucoup de romans noirs à cette époque là de ma vie, je me suis dit pourquoi pas moi, ça a débloqué en moi une espèce de blocage que j’avais par rapport aux romans, raconter une histoire avec des personnages, je ne trouvais pas ça évident sur la durée de mener un récit assez long, j’étais assez bloquée là-dessus et la perspective d’écrire un roman noir assez classique dans la lignée des grands romans noirs américains, Chandler, Hammett et compagnie, ça m’a motivée. Et qui se passerait à Marseille, parce que c’était l’autre chose que j’avais envie de faire pour mon premier roman, reprendre cette structure qui me plaisait en tant que lectrice et qui m’amusait à mettre en œuvre, le grand roman noir américain avec détective, etc. et de le mettre dans ma ville natale de Marseille, c’est ça qui a déclenché non seulement mon envie mais la possibilité d’écrire un roman, chose que je n’avais pas réussi à faire jusqu’ici… Continuer la lecture

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