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J’ai confiance en toi, Francesco Abate, Massimo Carlotto, traduit de l’italien par Laurent Lombart, Editions Métailié

Le titre de ce livre est emprunté à une chanson italienne et doit être pris dans un sens ironique puisqu’il s’agit de raconter un monde où l’on ne peut faire confiance à personne. On suit le parcours d’un petit dealer qui se retrouve à trafiquer de la bouffe avariée à force de trahison, mensonge, soit la description d’un ambitieux qui travaille avec méthode, précision et dont la vie va merder pour  des raisons subalternes et annexes.
On est pris dans la logique de ce héros qui est un salaud mais pas pire que les autres. C’est écrit avec humour mais sans mépris, on s’attache presque à cette crapule qui veut juste réussir dans la vie. On pense parfois aux Affranchis de Scorcese, soit l’histoire d’un homme qui ne veut pas être un plouc, les auteurs ont la même énergie que le cinéaste, ça va vite, le rythme est prenant, l’écriture d’une grande fluidité change de niveau de langage habilement, les auteurs ont le sens de la formule, de la phrase qui percute au bon moment, l’ensemble a du souffle. Si le ton est moins désespéré que dans de précédents livres de Massimo Carlotto, le fond est proche, c’est à dire comment s’en sortir dans un monde capitaliste dont la logique de compétition mène les hommes à s’écraser les uns, les autres, qu’on soit dans l’illégalité ou non.

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Rien, plus rien au Monde, Massimo Carlotto, traduit de l’italien par Laurent Lombart, Ed. Métailié, 2006

Un roman court, direct, qui plonge dans la pensée d’une femme qui ne sent pas bien à sa place, qui voudrait que la vie soit plus « lumineuse », alors que sa vie n’est que tristesse et rancœur. Alors quand sa fille refuse de rentrer dans ses projets, et dans la projection de ses illusions, rien ne va plus.
L’auteur nous fait assister à une pensée qui se durcit dans l’aigreur, à une pensée et un monde qui s’assèchent. L’appauvrissement de sa vie, sa misère va de pair avec l’appauvrissement de cette pensée.
Basé sur la simplicité, le banal et comment une existence de pauvreté, de rêves télévisuels inassouvis peuvent mener au drame.Une écriture au plus près de l’héroïne, ni ironique ni méprisante, elle ne juge pas et ne sauve pas non plus, elle décrit un état des lieux.
Une écriture très forte dans sa limpidité. Glaçant.

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